Le marché de l'emploi en ce moment
Ce qu'il faut vraiment en comprendre
Une baisse qui dit moins qu'il n'y paraît
Le taux d'emploi des jeunes diplômés de grandes écoles a baissé quatre années de suite : 91% en 2023, 85,8% en 2024, 80,2% en 2025, 76% en 2026 (mesuré à 6 mois après le diplôme, source Conférence des Grandes Écoles). Ça peut donner l'impression que "les études ne servent plus à rien". Ce n'est pas ce que ça veut dire.
Cette baisse touche l'ensemble du marché de l'emploi cadre, pas spécifiquement les diplômés de commerce : les recrutements cadres ont chuté de 23% entre 2024 et 2025, tous secteurs et toutes formations confondus. Un diplôme de grande école reste, largement, l'un des passeports les plus solides vers l'emploi, juste un peu moins immédiat qu'il y a trois ans.
Ce qui compte davantage que la tendance générale, c'est que l'écart se creuse fortement selon le domaine choisi. C'est là qu'il faut regarder de près, plutôt que de se fier à un seul chiffre global.
Des voies plus disputées que d'autres
Le marché ne se dégrade pas de la même façon partout. Certains domaines, comme la data, la finance ou les RH, restent recherchés avec une insertion relativement rapide. D'autres sont devenus nettement plus disputés, et le marketing / communication généraliste en est aujourd'hui l'exemple le plus documenté.
En une dizaine d'années, les formations en marketing, communication digitale et réseaux sociaux se sont multipliées un peu partout : c'est devenu l'un des choix "par défaut" les plus courants en école de commerce, en partie parce que ça paraît accessible sans bagage technique particulier. Le résultat, c'est qu'il y a aujourd'hui beaucoup plus de diplômés que de postes disponibles, surtout sur les postes juniors et généralistes. Les chiffres sont nets : les offres en communication et marketing ont chuté de 12,4% en un an, et le nombre de candidatures reçues par poste a bondi de 66% sur les métiers créatifs (design, création de contenu) entre 2023 et 2025. Pour un profil junior sans spécialisation particulière, la recherche d'un premier emploi s'étire aujourd'hui fréquemment sur 12 à 18 mois.
Ça ne veut pas dire qu'il faut fuir le marketing : le marketing digital orienté data, CRM ou growth continue, lui, à bien recruter. La nuance est importante. C'est la version la plus généraliste et la plus créative du métier qui est sous tension, pas le marketing dans son ensemble.
Plus largement, les diplômés d'écoles de commerce semblent un peu plus concernés par cette tension que les autres filières. En 2024, 70% d'entre eux ont dû postuler plus de 30 fois avant de décrocher un emploi, contre 58% pour les diplômés d'écoles d'ingénieurs et 52% pour les diplômés d'un master universitaire classique. Ce n'est pas une raison de renoncer à une école de commerce, loin de là, mais c'est une réalité à connaître avant d'y entrer plutôt qu'à découvrir après.
Ce que ça change concrètement pour toi : choisir une spécialisation aujourd'hui n'est pas qu'une question de goût. Si un domaine t'attire mais qu'il est disputé, ça vaut le coup de te spécialiser tôt à l'intérieur de ce domaine plutôt que de rester généraliste (marketing + data plutôt que marketing seul, par exemple), de miser sur l'alternance pour sécuriser une première expérience concrète, et de ne pas te décourager si la recherche prend plus de temps que prévu : dans le contexte actuel, ce n'est pas un problème individuel, c'est une tendance de marché qui touche toute une génération.
Sources
Conférence des Grandes Écoles, enquêtes Insertion 2023 à 2026 · Baromètre Hellowork T1 2025 · Indeed Hiring Lab, décembre 2025 · Étude CFE-CGC / Adecco sur l'emploi des Bac+5, 2024-2025. Détail complet sur la page Références.